Insigne A.G.A.S.M.

ANECDOTES (Suite)



Jean-Marie Buon

La petite histoire de la « légion d’honneur »

Elle vous donne la roseur de la Légion d’honnêtes.

Le 19 mai 1802, naissait la légion d’honneur.

Père : Bonaparte ; Mère : la vanité, dit-on…

La première distinction républicaine, dont le destin se devait d’être immense fut donc constituée géométriquement de cinq triangles, complétés chacun par un compas les pointe en l’air, imitation de l’insigne des « Philadelphes »

- Après avoir été une espèce de cantinière chargés de récompenser les braves soldats, la légion mondanisa. Tous les français la trouvèrent désirable, et nombreux furent ceux qui tentèrent d’obtenir d’elle un baiser, qui laisserait une très honorifique trace de rouge à la boutonnière.

Elle reçut à ce sujet bien des suppliques. Celle-ci bien authentique d’un ancien Grognard de la Grande Armée à Napoléon III :

    Mon Sire,
    J’ai contacté sous votre très cher oncle deux graves blessures mortelles qui font, depuis bientôt 40 années l’ornement le plus beau de ma vie ; dont l’une à Wagram ; et l’autre à la cuisse gauche.
    Si vous croyez ces deux faits d’armes dignes de la croix des braves, j’ai bien celui de vous en remercier à l’avance.
Madame mon épouse serait très sensible à cette attention de votre part.
                                                                                                                      Signé
                                                                                                                                    Bonniot

On sait également que le baron Dudevant, l’infortuné mari de George Sand demanda la croix de la légion d’honneur à Napoléon III, en raison de ses malheurs conjugaux qui l’avait frappé.

Mais on aurait tort pourtant de croire que tous les légionnaires ont intrigué pour être décorés. Comme disait Lieux « Ils en décorent par-ci par-là, quelques-uns le méritent, parce que c’est par le croisement des espèces que la beauté de la race se perpétue ».

En tout état de cause, mon propos ici n’est pas de lui manquer de respect, mais de lui demander de nous faire sourire par le coté anecdotique de sa vie.

Pendant très longtemps Madame Légion n’aima pas les comédiens.

A présent, elle les adore. Depuis que les champs de bataille ont été appelés « Théâtre des opérations » elle les prendra pour des braves.

C’est sans doute pourquoi, Émile Augier proposa au gouvernement de prendre un arrêté.

« Art. I : Tous les comédiens seront décorés

   Art II : Il n’y aura que les comédiens qui seront décorés ».

Il est vrai qu’elle accorde ses faveurs aux individus les plus inattendus.

Ce qui fit dire un jour à Jules Renard à la lecture d’une nouvelle promotion

« Oh ! Vous avez vu, ce pauvre Courteline, il a été décoré dans une rafle !… »

Un jour peut-être (si ce n’est déjà fait) Mme Légion posera sur vous son regard chaud, et vos amis vous verrons vous colorer avec émotion de cette fameuse « roseur de la Légion d’honnête » dont parlent les amateurs de contrepétries.

Ce qui vous donnera droit à l’estime de tous, au respect des agents de police et la clémence de certains (peut-être pas certains) contractuels.

Et puis vous… vous pourriez toujours faire comme Henri MURGER qui utilisait son ruban rouge pour pêcher les grenouilles, disant dans un sourire :

« Je suis sûr qu’elles mordront ! Tout le monde aime ça ! »



Les Chefs qui ont fait la France

    Un Chef, c'est l'homme qui sait, qui veut et qui agit. Il en faut, de ces hommes, et il en faut beaucoup, et qui continuent l'un après l'autre la même tâche. Il en faut beaucoup pour achever une patrie, et il faut en peut-être autant pour la maintenir. Le premier devoir d'un homme qui a la puissance est d'avoir la volonté, est d'être un Chef. La France, autrefois, a eu beaucoup de ces Chefs. Et c'est pour cela qu'elle a été la première achevée de toutes les nations européennes, et la plus complètement finie.

    Sous ce nom de Chefs, bien entendu, nous mettrons, d'abord les souverains, les maîtres de État, conducteurs d'hommes et d'armées, ceux qui ont eu surtout le souci d'une France unie au dedans et forte contre le dehors. Et nous réunirons, comme ouvriers également utiles à notre vie nationale, homme de tout temps et toute allure, nous rapprocherons un Vercingétorix proclamant solennellement en face des légions de César l'éternité de la Gaule, la prééminence de ce nom sur toutes les cités rivales, et voulant les obliger toutes à se grouper et à mourir pour ce nom ; un Clovis, choisissant comme capitale le plus beau carrefour de France, Paris ; un Charlemagne, qui transforme la Gaule entière en citadelle du christianisme ; un saint Louis, qui, par la valeur morale de son être, par le prestige de sa noblesse d'âme, fait de la nation de France la chose la plus respectée du  monde.

    Par ce mot de Chefs, encore, j'appellerai tous les administrateurs qui ont vraiment des personnalités, des forces de décision et d'acte, disons le mot : des héros à leur manière, luttant et triomphant. Un Sully, par exemple décuplant l'énergie productrice du sol français, levant des hommes de tout côté pour dessécher les marécages, et, par là, pour faire de la bonne terre saine et fertile où il y avait de la stérilité, misère et mort. Ce dessèchement de nos marais c'est l'œuvre d'un Chef, une victoire sur l'ennemi comparable à Bouvines ou à Jemmapes ; un travail de héros auraient dit les anciens. Et ce Colbert, travaillant jour et nuit pour enrichir la France d'Industries nouvelles : réfléchissez à ceci, travailler nuit et jour pour la France, et vous connaîtrez la place que dans notre histoire nous devons donner à des hommes qui pendant vingt ans n'ont fait que travailler ainsi.

    Héros ou Chef, je crois bien qu'il faut aussi donner ces noms à tous les hommes qui, même sans avoir commandé à d'autres hommes, ont su créer des œuvres qui durent inspirer des volontés pour continuer leur volonté propre, batailler contre les infortunes morales ou physiques. Toutes les fois que nous relirons la vie d'un saint Vincent de Paul, quêteur d'argent, donneur de courage, fondateur de société que nous voulons éternelles, cette vie nous apparaîtra, je vous assure, comme celle d'un conquérant, comme une des plus puissantes manifestations de ce que peut la volonté d'un seul homme.

    Enfin, il n'est pas interdit de qualifier de chefs certains êtres qui, cependant, presque toujours n'ont fait qu'obéir. Un simple chevalier, comme Bayard, un simple grenadier comme La Tour d'Auvergne, ont été sans le vouloir et sans le savoir, des conducteurs d'hommes. A défaut de la volonté de commander, ils ont apporté l'influence de l'exemple ; leurs actes en ont provoqué des milliers d'autres semblables ; leur bravoure a déterminé une bravoure pareille. Ils ont agi : cela suffit. L'action entraîne l'action. Ils ont imposé leur volonté par leur obéissance même, leur obéissance au devoir. Et de nos jours encore, nos combattants qui souffrent et luttent, esclaves d'un idéal, sont, chacun d'eux et pour leur part d'homme, des chefs qui font la France.

 

Camille JULLIAN

("L'effort français dans le passé", conférence, 1916)

Camille Jullian, né à Marseille le 15 mars 1859 et mort à Paris le 12 décembre 1933, est un historien, philologue, archéologue et historien de la littérature français. Élu au Collège de France en 1905, il y crée la chaire des Antiquités Nationales. Il est l'auteur d'une monumentale Histoire de la Gaule, parue entre 1907 et 1928, première approche scientifique de la Gaule.
Élevé à Nîmes, frère de lait de Gaston Doumergue, futur président de la République.

(Ce texte est extrait de "Mon mémento d'histoire" - 1962)



BEZIT DIGEMERET MAD E BREIZ

Soyez les bienvenus en Bretagne.

Dans une revue hebdomadaire de bon ton et de haute tenue, fort bien édité d’ailleurs, je lisais récemment un article qui m’a chagriné.

Pas de chance je venais de lire la presse quotidienne nous faisant part du comportement colonialiste des Anglais fort marqué, mais aussi un article du monde déjà plus sérieux sur le comportement des Français vis-à-vis du Portugais. Il y a beaucoup de similitude dans ces attitudes de même de même que dans cette revue pourtant fort sérieuse dont je vous parlais ci-dessus.

Mais aucun journaliste n’est à l’abri d’une bavure et après tout chacun d’entre nous a bien le droit de présenter son reportage sous l’aspect où il l’a découvert.

En ce qui concerne, cet article, je le trouve navrant et reconnais à l’auteur le mérite de la recherche et le courage de l’avoir signé, c’est pour cette raison que je poursuivrai pas la polémique sachant très bien que ses vues d’artiste lui ont fait découvrir une autre Bretagne, celle qui adule finalement et dont il ne peut plus se passer. Mais comment ne pas vous mettre en garde, comment accepter sans réagir l’image décevante qui nous est présenté là, et bien souvent au Pont 3, de notre Bretagne incomparable.

Nous rentrons après 66 jours d’absence et un peu comme les fumeurs qui ont la chance d’arrêter leur écart, je vous invite à regarder (à observer) et à ne pas regarder la Bretagne de manière traditionnelle et abêtie.

Lorsque le Foudroyant franchira Armen pour pénétrer en Iroise, montez à la passerelle (s’il y a de la place), vous découvrirez l’accouplement céleste de la mer et du ciel. Les divinités les plus redoutables se côtoient et marque parfois la pause de l’extase, le souffle récupérateur des luttes héroïques.

Le passage est souvent turbulent, quelquefois apaisé mais toujours grandiose violent de poésie même lorsque le crachin jette un voile pudique sur l’arène.

Plus d’un navigateur venu d’autres régions à découvert à ses dépens les séductions des nymphes celtiques : la Vandrée, la Plate, les fillettes, etc…

Mais le jeu en vaut la chandelle, poursuivez astucieusement, et après vous êtes agenouillé respectueusement devant le Minou et salué la Vigie, la rade vous accueille une des plus belles harmonies discrètes d’Europe. Elle se sait belle et lève souvent sa cape de brume que tard dans la matinée en rougissant d’être venue si tard à votre rencontre. Souvenez-vous de notre départ…

Elle chante pour vous des retours glorieux, comme le notre aujourd’hui, mais elle pleure aussi des départs plus tristes de marins venus des terres, lamentablement échoués à Berthaume attendant vents et courants pour masquer leurs erreurs. Elle le sait et c’est pour cette raison qu’elle baisse encore les paupières jusqu’à onze heures. L’enchantement n’en est que plus merveilleux et le Château la salue bien bas dès qu’elle l’autorise.

Pour toi qui est breton, sur la côte de Plougastel, au loin, tu as déjà aperçu la mosaïque enchantée que se disputent la bruyère et les ajoncs.

Ces dans des lieux semblables que tu as fait les promenades les plus sentimentales ou se mêlent sans contradiction l’humidité et le soleil, la fleur t l’épine puis plus la roche et l’embrun, la lutte et l’amour.

Si c’est vrai que des peuplades du continent « Parisien » ou « Kermoco », Saxons et Maures viennent jusque là chaque été, perdus hors de la voie Express, à la vaine recherche de leur authenticité. Ils font de l’écologie comme on dit…

Trop tard, car toi dont les ancêtres celtes ou bretons depuis au moins six siècles, toi seul tu sais encore découvrir, sentir, et aimer ce roc vigoureux ou seules les âmes intactes éprouvent une exaltation à nulle autre semblable. L’autre, « Le touriste » ou « Le professionnel » détruit ou salit tout ce qu’il touche, il faut le canaliser. Pour lui toute expression celtique est synonyme de fanatisme, d’esprit rétrograde mais il est curieux, jaloux et se veut juge. Il n’a pas vu l’ombre mouvante du menhir immuable, le reflet multicolore du vitrail sur l’herbe parsemée de pâquerettes enchantées. Il est passé à côté de la fontaine idyllique qui chante le repli délicieux des rencontres de nos purs adolescents. A quelques kilomètres de la rue qui glisse et des bordels aux parfums coloniaux il ne trouve plus sa vérité. Ça le prend aux tripes (ou plus bas), alors il se précipité sur le KIG AR FARZ indigeste de la fête, qui n’a jamais été qu’une supercherie locale exploitée par des restaurateurs douteux.

Au bon dos des médiocres, il appelle biniou la bombarde, et harpe la guitare.

Il n’a pas plus entendu les notes nostalgiques que le chant du coucou au bois de Boulogne. Il se précipite avidement dans les fêtes folkloriques, show montés spécialement pour l’assouvir. Assourdis de décibel il s’embête, s’énerve, s’encanaille et boit du Gwin-Ru avec de pauvres diables épuisés par labeur ou les jours de mer, qu’il critique ouvertement lorsqu’il ne maîtrise plus son absorption de whisky frelaté, signe d’un snobisme dépassé.

La bretonne l’attire, mais comme il est toujours accompagné, par prudence, ça lui pose des problèmes et de toute manière lorsqu’il est giflé, il ne s’en vante pas. C’est un « Bronzé » qui a raté son émancipation, mal franchi ses traditions latino-saxonnes.

YANNIC, je ne veux pas exacerber mon animosité légitime vis-à-vis du YANKEE mais l’as-tu déjà vu dans un « Resto » à Brest ?

Il dévore les fruits de mer sans distinctions de fraîcheur ni de qualité, on lui sert n’importe quoi, même des moules pêchées sur la coque de l’AMOCO. Il trouve ça bon ça l’aide à oublier son « Steak tartare » qu’il ne sait plus comment préparer tant il a détruit sa saveur par des artifices venus de la Cochinchine. En vacances il est toujours « à côté de la plaque, quoi » ou de sa promise au mieux parce qu’il n’a plus le choix. Il est constamment déçu de ne pas trouver ici ce qu’il a chez lui et en plus il souille le paysage parce qu’il ne s’y intègre pas avec ses chapeaux ridicules, ses palmes mal choisies et ses chemises à carreaux. YANNIC, tu ne parle plus le breton toi, mais tu le comprends encore, arde ce privilège car tu es le seul à savoir qu’il y a un manoir, un calvaire ou un moulin au-delà de TAL-AR-GROAZ laisse les pitres mutants sur leur planche à voile. Celui là avec ses cheveux longs, il se prend pour un marin. Mouille près de BEG-AR-VRI pas loin de PEN-AR-CHARDEN, sous le courant jusqu’à neuf quinze ensuite c’est l’étale, il y a du bar, il ne viendra pas. A six heures du matin il est repu et fatigué. Ta Bretagne est suffisamment riche de merveilles pour canaliser le troupeau, c’est pour cela qu’on le fait attendre entre Morlaix et Brest, Rennes et Redon, Lorient et Quimper. Compte tes sous en « Gouenec » « Raz » il ne comprend rien et vends leur des Boutou-Koat que tu ne portes plus sauf les jours de pardon pour qu’ils les mettent pas à l’envers.

Lorsque tu rentreras YANNIC, sois fier d’enfoncer tes chevilles dans les ornières de la ferme de tes parents. Tu peux franchir, sans baisser le front, la porte de granit. Ta Soizic sera là, près de la cheminée, sans coiffe mais plus vrai que jamais. L’autre celui qui habite plus loin que Nantes « Pousined an mazer tro », l’oiseau du beau temps comme on dit chez nous, il prendra son vol pour échapper à la pluie. Bécassine va rigoler quand elle verra sa « poule ».

Sans cette pluie qui humecte nos visages burinés on dirait que l’on pleure toujours de joie, c’est très dur à comprendre pour les autres. Ils n’on pas de chance… Dame ! Mais sois gentils avec eux quand même…Notre Doué ne serait pas content. Il ne peut plus rien faire pour eux…

 

Auteur inconnu.

 

Article paru dans "l'Echo des Profondeur" - 1981 - Le Foudroyant Eq. Bleu.



PETITE MYTHOLOGIE PATROUILLARDE (*)

 

Par le fils d’ARTUBAL, Dieux des Dieux.

(*) à consommer à l’aide du lexique de patrouille (Patlex) Nous sommes à la recherche du lexique (Patlex), si vous le poosédez, merci de nous contacter

 

Il existe dans un royaume brumeux, où le jour et la nuit

Durent une moitié de nos années terrestres,

Et dont l’éther est formé seulement de ces étendues infinies

Que nous nommons Océans, il existe des mortels intrépides

Qui viennent de notre planète et qui vivent dans une nef si dure,

Que le pouvoir des flots est sans effet sur elle.

 

Ils adorent des dieux inconnus qui ont pour noms : DSM,

JEPC, MÉGATONNE, et bien d’autres encore avec aussi mon père.

Ce sont des dieux cruels dont le châtiment est terrible,

C’est pourquoi toujours certains d’entre eux veillent.

 

Leurs règles sont sévères et ils ne connaissent point de femmes,

Point de fleurs, ni de montagnes, ni de parfums.

Ils n’ont ni casques ni destriers mais des visages de marbre,

Croisés de l’Apocalypse ou soldats de la paix,

Nul ne sait, nul ne le demande, car on dit parfois

Ils ont peur d’eux-mêmes.

 

Quand ils ne veillent pas, ils se reposent sur des couches si étroites

Que les oiseaux du ciel n’y pourraient pas nicher,

D’ailleurs personne ne pourrait la partager avec eux…

        … Car il n’y a pas d’oiseaux.

 

Ici CRONOS s’appelle VHH et pourrait se venger sans doute

De sa grande stérilité, qui la prive d’enfants à dévorer,

Par un odieux maléfice elle transforme

Les secondes en heures et les heures en jours.

 

Parfois ils exhument d’une caisse du métal dont est faite leur nef

Une matière géométrique qu’ils nomment nourriture,

Et qui, en effet, fut peut-être autrefois, dans une vie antérieure

Le produit d’un sillon, d’un arbre ou de la mer,

Ils en mangent l’écorce que le froid a saisi

Sans pouvoir retenir l’âme, le fumet, la saveur.

 

Tandis qu’au P.C.P. dont j’ai entendu dire

Qu'on le nommait aussi Poste des Chrétiens Prisonniers

Le mont du GOLGHOTA s’appelle KE, KM, ou KR

Et le chemin des croix s’étend sur deux longues lunes.

 

A ses côtés mon père ARTUBAL siège en majesté,

Les mortels effrayés autour de lui s’affairent

Lui offrent mille présent qu’ils nomment Vapeur ou Huile

Comme en d'autres temps l'encens ou la myrrhe

Car de lui dépendent la lumière et la vie.

 

Dans un lieu si sacré que seuls les prêtres du temple

Y peuvent pénétrer dans une robe très pure, règne POMPRISTOP

Son fils mon frère de très noble lignage

Il semble le plus souvent vivre petitement comme s’il voulait durer

Mais il ne faudra pas se fier aux apparences, car ce sang très pur

Ne saurait mentir - Ses réveils en effet font trembler les ondes,

A des dizaines de lieu il le fait savoir.

 

Parfois descendant de l’UROLIMP

ARTUBAL mon père laisse éclater sa colère

Les mortels dans la crainte savent alors qu’une grande affliction

Va s’abattre sur leur vallée de larmes

FILOMENE ce raté qui leur sert de grand prêtre

A pourtant déposé au pied de l’UROLIMP les sacrifices rituels et dérisoires

LORFILLE et LORURFILLE vierges et désirables

Par lesquelles il espère conjurer la colère des cieux

Mais l’heure a sonné, l’heure fatidique d’INFRAVEILLE,

Divinité des mondes subaquatiques et infernaux, est venue

Et avec elle son dantesque et grimaçant cortège

        PERSOGIR et SOUMAPREV

 

ABYSSIM et ABYSTOP les deux frères ennemis qui hantent les abîmes

Dansent en une ronde infernale autour du malheureux royaume

Où les mortels supplient DENEBOLA leur étoile tutélaire

De les délivrer de la divine colère d’ARTUBAL le magnifique.

 

Au fond de son module, AZIVEILLE, d’où ne coulent

Que des paroles de sagesse, regarde la tornade

Puis il parle au grand ARTUBAL :

"Noble prince, lui dit-il, ton courroux est juste

"Et juste ton châtiment. PERSOGIR et SOUMAPREV

"Qui sont les deux mamelles de la sagesse patrouillarde

"Sont encore trop clémentes pour faire cesser la léthargie des mortels,

"Peut-être devrais-tu ô noble prince concevoir

"De plus dures mesures et même en venir à URFILAIR de baffes"

 

Mais déjà la colère d’ARTUBAL le magnifique s’apaise

Comme l’océan lorsque RENOVAIR a cessé de souffler

SOUTRASI le détrousseur retourne les corps épars

En mettant de gigantesques BKROT de satisfaction.

 

URBOPAIR ce splendide géniteur, vient aux pieds d’UROLIMP reprendre ses enfants

LORFILLE et LORURFILLE qu’ARTUBAL a épargné

Tandis qu’UROLNIET leur mère, qui tient son nom dit-on

De son refus de concevoir à l’aide d’un homme

Retire de son doux visage les tristes voiles

Qui en cachaient l’éclat.

 

PASSELEC dont le petit temple, proche de la demeure d’ARTUBAL

Est délicieusement orné de graciles divinités féminines

Attend docile et sage l’ordre des dieux

Qui lui fera franchir la difficile barrière

Et passer de ce rêve peuplé de douces créatures

Et de plaisirs solitaires

Au monde trop réel du dieu MEP.

 

A l’autre extrémité du royaume

Amère et résignée, VACHASSID rêvait au heures de gloire

Où ses RP tendus et fiers chassaient en des flots hostiles

D’importuns mortels fardeaux

Elle contemple aujourd’hui le triste détumescence

De ceux que l’on comparait autrefois à des étalons, des taureaux,

Que dis-je à des dards fantastiques et durs :

Les refouloirs pneumatiques.

 

Au centre, embusqué entre les énormes troncs enchevêtrés de lianes

LF assis sur ses talons, contemplait sans honte

Son gros ventre bouddhique et surtout son célèbre nombril

Tandis qu’alentour de zélés officiants

Cochaient de longs papyrus en secouant la tête.

« Maître SITIR dit l’un d’eux - qui semblait être le chef -

« Un des arbres est malade - Il est atteint - dit un second

« Qui affichait un air compétent - Il est atteint d’une dichotomie interjactant

« Aremissions aléatoires - Ce qui veut dire ajouta un troisième

« Qui paraissait sage

« Que la sève ne circule plus qu’à intervalles irréguliers »

LF tourna lentement sa longue et lourde tête

Ses paupières battirent plusieurs fois

Puis il exhuma de l’un de ses replis de son ventre généreux

Un disque historique qu’ils tendit aux mortels

Déjà en extase devant la parole du maître.

Une fois encore son infinie sagesse émerveilla les foules

Qui se jetèrent en adoration quand ils comprirent l’oracle

LF avait parlé, son impitoyable verdict était rendu

Qui avaient failli y seraient attachés par les mains et les pieds

Jusqu’à ce que les oiseaux du ciel viennent leur manger les yeux

Et les rats le reste.

 

MENKALINAN, MENKAR, MIRFAK, et MIZAR

Valeureux soldats qui gardent, le général OMEGOL

L’ordre du monde - son en éveil - les mortels en effet

S’agitent de nouveau dans leur domaine subi aquatique.

Ce fut pendant l’horreur d’une profonde nuit,

SUPERVEILLE étendit son ombre délétère et au petit matin

La lumière d’ARTUBAL ne vint pas.

NORVEILLE était morte, AZIVEILLE en fuite

Comme dans un livre ouvert, on pouvait lire

Les visages ravinés de ses pauvres fidèles

Usés par de longues lunes de cheminement sous-marin

Le royaume de SUPERVEILLE triomphait, rien ne serait désormais pareil.

 

Comme un vol de gerfauts hors de leur couche natale,

Les H.Q. très inquiet vinrent par un prompt renfort

Soutenir des soldats la déclinante ardeur.

Mais bientôt rassurés ils reprirent leurs rêves

Car ils étaient sûrs maintenant que ces lointains atterrages

Étaient bien ceux dont-ils avaient, lors de cette nuit si longue

Espéré sans relâche avec une grande vaillance

            L’impossible retour.

 

La lumière d’ARTUBAL est enfin revenue, SUPERVEILLE est vaincue

Et dans ces visages figés et infiniment blanchis

On distingue quelque chose que des sages avertis,

Ont baptisé joie ; sentiment oublié, impression nouvelle

Qui réchauffe et rassure autant que la lumière

Et les portes de l’IROISE qui s’ouvrent devant eux.

 

Texte de Portzel

Illustration de Philippe Lebert dit « Beb ».

Extrait du journal de patrouille « Jupiter » - du 13 Août 1975 - Le Foudroyant Eq. Rouge



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