Insigne A.G.A.S.M.


ANECDOTES (Suite)



Jean-Marie Buon

« Un nommé Arkhipov a sauvé le monde » (Thomas Blanton)

Puisqu’on parle d’un « retour de la guerre froide »...Voici deux histoires de sous-marins qui refont surface.

Auteur :  Michel PORCHERON


« Ce simple « gars », Vassili Arkhipov, a sauvé le monde d’un désastre nucléaire ». C’était le 27 octobre 1962. Cet officier soviétique a clairement ouvert la voie, sans le savoir,  à ce qu’on allait appeler « la coexistence pacifique ». 

Le second « guy », ancien du KGB « passé à l’Ouest » vient de passer l’arme à gauche. Il fit parler de lui en 1964, affirmant détenir des informations sur l'assassinat du président Kennedy. Mis trois ans au secret musclé par des officiers US, il est mort « après une longue maladie» aux USA.   

Twist again de Moscou       

Paradoxalement, c’est l’officier Arkhipov qui est mort complètement oublié, sans qu’on sache rien sur les circonstances de son décès, ni même l’année. Le second, Iouri Nossenko selon son patronyme de l’état civil russe, est décédé le 23 août 2008 quelque part dans le sud des Etats-Unis où il y a 40 ans il fut mis, sous un nom d’emprunt, à la retraite « anticipée ». Trop gênant ? Un homme qui en savait trop ? Perhaps. A suivre.  

Dans les deux récits sur la vie de ces deux hommes, passée franchement dans l’ombre, un nom revient – une coïncidence- celui du président américain John Fitzgerald Kennedy.

Dans la vie d’Arkhipov, Kennedy fut l’ennemi face à l’autre K, Nikita Khrouchtchev, lors du bras de fer de la Crise d’Octobre 1962 (ou crise des fusées, des missiles).


(Yuri-Nosenko)

Nossenko, né en 1927 en Ukraine, aura passé lui 55 ans de sa vie dans la pénombre, celle que lui impose le KGB entre 1953 et 1964, celle d’une base  du contre-espionnage américain (1964-1967) puis celle, jusqu’à sa mort d’un domicile discret, aux rideaux tirés.  Transfuge comme tant d’autres ? Assurément. Mais « vrai ou faux transfuge » comme certains ? Il est vrai que la question est restée posée tout au long de sa vie, même si au début de cet été, sentant sa fin prochaine, des responsables de la CIA étaient venus le voir, pour lui remettre un drapeau américain, « en signe de reconnaissance pour services rendus » et une lettre de Michael Hayden, actuel chef de la CIA, une lettre d’excuses pour les mauvais traitements subis dans les années 60...A la CIA, on sait être  gentleman.


L’homme qui en savait trop, beaucoup ? 

« Pour services rendus »...Il faudra attendre que la CIA déclassifie quelques-uns de ses précieux documents pour mieux cerner un jour le domaine réel d’activités de Nossenko le transfuge, dans le dossier JFK.  

Mais aujourd’hui encore, aux USA, certains, comme Tennent Bagley, un de ses « interrogateurs » de l’époque, l’ont toujours pris pour une « taupe », du début à la fin.  C’est que le nom d’ Iouri Nossenko, envoyé avec le grade de colonel du KGB à l’ambassade soviétique de Genève, est associé à celui de Lee Harvey Oswald, donc à celui de JFK. Deux ans après avoir pris ses premiers contacts avec des Américains (1962), il leur demande de le faire passer à l’Ouest. Il a un argument sensible : il a des révélations à faire sur l’assassinat de Kennedy (22 novembre 1963).

En réalité, il affirme avoir participé aux interrogatoires du futur assassin officiel du président américain, mais qui séjourna réellement à Moscou.

Qu’affirme Nossenko ? Oswald ne présentait aucun intérêt pour les autorités soviétiques, l’Américain étant « pas assez intelligent et trop instable ».

Il faudrait donc conclure : l’URSS n’a pris aucune part à la préparation de l’assassinat. L’URSS est alors dédouanée.

Les agents traitants américains vont alors le soumettre à la question, jusqu’à la torture. Pourtant tout ce temps là, le détecteur de mensonges est resté plat. « Rien ne peut être retenu contre lui » a écrit le journaliste Daniel Vernet, par ailleurs directeur des relations internationales au quotidien français Le Monde, (unique source pour notre texte) qui consacre à Nossenko, une demi-page de la rubrique « Disparitions » (2 septembre).

Des documents déclassifiés – mais quand il s’agit du dossier JFK, les espérances sont très réduites- permettraient de savoir si la CIA prit en compte les « révélations » de Nossenko sur Oswald. Aujourd’hui, on ne peut retenir que les « honneurs » que la CIA – qui a annoncé elle-même la disparition de l’ancien espion- réserva au transfuge cet été. A 80 ans, Nossenko est sorti de l’anonymat, de l’ombre, avant d’y replonger pour toujours.  


Василий Александрович Архипов
Vassily Alexandrovitch Arkhipov
1926-1999

Le héros inconnu de la guerre froide

Au moment où Nossenko - que Daniel Vernet présente comme un admirateur de la culture occidentale, un admirateur à qui manqua une bonne poignée de dollars que seuls pouvaient lui offrir ses nouveaux amis US-  propose ses services à la CIA, un autre Soviétique vit une histoire tout à fait différente. Mais deux autres éléments sont communs : le contexte de leurs « aventures », la guerre froide et deux vies d’immergés. (Il existe un autre Iouri Nossenko, également russe : pas un nouveau transfuge mais l’actuel directeur adjoint de l'agence fédérale de l'Espace (Roskosmos)

Vassili Arkhipov vit lui aussi en effet dans l’ombre, le demi-jour, mais lui, dans un submersible nucléaire. « Après le sous-marin » Nossenko voici LE sous-marin d’Arkhipov, son lieu de travail (1).

L’histoire d’Arkhipov, enfouie, a refait surface (2) au moment même (ou presque) où on enterrait Nossenko.

Vassili Arkhipov ? Inconnu au bataillon. Rien dans les encyclopédies, en ligne ou pas. Seuls quelques initiés, comme l’auteur américain Noam Chomsky, ont eu l’occasion de le sortir judicieusement d’un anonymat qui paraissait définitif (Chomsky dans son livre « Dominer le monde ou sauver la planète ? L’Amérique en quête d’hégémonie mondiale», disponible en français en 2004, traduit de l’original en anglais édité en novembre 2003). Voir : http://writer.zoho.com/public/wagner22/Dominer-le-monde-ou-sauver-la-planete--1-1


A la suite d’une conférence au sommet tenue à La Havane pour le 40e anniversaire (octobre 2002) de la crise des missiles, auquel assistaient des participants russes, américains et cubains,  Chomsky a écrit que « de nouvelles informations données à ce sommet furent d'un éclairage important pour comprendre le dénouement de cette crise ».

Noam Chomsky ajoutait : « Nous y avons appris que le monde fut sauvé de la dévastation nucléaire par le capitaine d'un sous-marin soviétique, Vassili Arkhipov, qui bloqua l'ordre de faire feu avec ses missiles nucléaires quand des sous-marins russes furent attaqués par des destroyers américains à proximité des limites de la quarantaine, zone d'interdiction fixée par Kennedy ».

« Comme Arkhipov le notait, écrit encore Chomsky, le tir nucléaire avait plus de chance d'enclencher une réponse de même nature des Américains entraînant la "destruction de l'hémisphère nord" comme le redoutait Eisenhower. Cette révélation est, dans le contexte actuel, particulièrement intéressante : cela démontre avec beaucoup de clarté le terrible et incontrôlable risque d'une attaque contre un "ennemi plus faible", un risque pour notre survie, ce n'est pas exagéré de le dire ».

Du côté américain, Robert McNamara ancien secrétaire d’État américain à la Défense, reconnaissait publiquement que le monde était passé bien plus près de la guerre qu’on le croyait jusqu’alors. « Un nommé Arkhipov a sauvé le monde » déclarait Thomas Blanton, du service des archives de sécurité nationale de Washington, l’un des organisateurs de la conférence. 

Ce n’est pas pour autant qu’Arkhipov fit par la suite la Une de la presse de la planète, contrairement à Paul Warfield Tibbetts Jr, le jour de sa mort le 1er novembre 2007 à Columbus, dans l'Ohio. Avant son décès, il a fait savoir qu’il ne voulait ni funérailles ni pierre tombale, par peur de déclencher des manifestations de protestations. Et pourquoi donc, demanderez- vous ? (3)

Le jeune Arkhipov, second de Valentin Savitsky, commandant du sous-marin soviétique, de type B-59, est engagé dans la flotte de son pays, immergée aux larges des côtes américaines. Nous sommes en octobre 1962.

La tension était telle-- après la découverte (le 16 octobre) à Cuba de rampes de lancement de missiles de longue portée soviétiques par un U-2, avion-espion US--  que la perspective d’une apocalypse nucléaire faisait trembler la planète. Pour la première fois dans l’histoire, un conflit nucléaire sortait du domaine de la science-fiction.

Le 22 octobre, Kennedy ordonne l’encerclement naval de Cuba.

Les Soviétiques avaient au moins quatre sous-marins nucléaires au large.

Le 27 octobre l’un d’eux fut attaqué à coup de grenades sous-marines par deux bâtiments américains, un destroyer (le Beale) et un porte-avions. Mais dès le lendemain les bases cubaines furent démantelées et les fusées soviétiques rapatriées sous contrôle international.


Le journaliste français Jean-Claude Guillebaud  (2) poursuit : « Le commandant du sous-marin soviétique Valentin Savitsky, se sentant menacé, prit la décision de déclencher une riposte nucléaire. Elle eût, à coup sûr entraîné un échange de missiles stratégiques entre l'Amérique et l'URSS, c'est-à-dire une guerre atomique.

À bord du sous-marin, en vertu des protocoles très stricts de la Marine, la procédure de tir exigeait que la décision prise par le commandant soit entérinée par le commissaire politique, un certain Ivan Maslennikov, mais aussi par le second, nommé Vassili Arkhipov. Si le premier donna son accord sans problème, le second - avec un sang-froid et un courage incroyables - refusa obstinément de donner son aval. Il parvint peu à peu à calmer les esprits à bord, tant et si bien que le feu nucléaire ne fut pas déclenché. Pour cela, Arkhipov dut résister à une pression guerrière collective, dont on devine l'intensité »

Aujourd'hui, quarante-six ans après, conclut Jean-Claude Guillebaud, les officiels et les historiens américains le reconnaissent : « Ce simple « gars » (boy, guy) Vassili Arkhipov, a sauvé le monde d'un désastre nucléaire. Or, assez mystérieusement, l'Histoire n'a guère retenu son nom et les médias du monde entier se sont fort peu intéressés à son histoire. C'est proprement ahurissant. Qu'un individu solitaire ait trouvé en lui-même la capacité d'une telle indépendance d'esprit, de tant d'intelligence et d'un si solide courage, au point de sauver la planète d'une catastrophe, constitue une sacré bonne nouvelle »

L'officier Vassili Arkhipov est mort quelques années plus tard dans l'oubli général. Aussi bien en URSS qu'en Amérique, dans le monde entier et ailleurs (4)


Tout près du feu nucléaire et sans cet illustre inconnu...    

Fin octobre 2002,  pour ne mentionner que quelques rares échos dans la presse hebdomadaire française, Vassili Arkhipov fait une brève apparition qi n’aura pas de suite.  Pour Le Point, Arkhipov est « le Soviétique qui, en 1962, sauva le monde ». « L'humanité lui doit une fière chandelle (...) C'est Vadim Orlov, un autre officier présent à bord ce jour-là, qui a révélé l'histoire lors d'un colloque organisé à La Havane. Arthur Schlesinger, ex-conseiller du président Kennedy, a eu ce commentaire : « Ce ne fut pas seulement le moment le plus dangereux de la guerre froide, mais celui de toute l'histoire de l'humanité. »

« Le héros inconnu de la guerre froide », c’est le titre choisi par Marianne, autre hebdomadaire français. Marianne raconte : Un ancien officier du sous-marin soviétique B-59 et l'ex-commandant en second du destroyer USS Beale ont raconté comment le navire américain avait largué des charges de profondeur pour interdire au submersible soviétique de pénétrer dans la zone de blocus décrétée par le président Kennedy. Mais, ce que les Américains ignoraient totalement, c'est que le B-59 était armé d'une torpille à charge nucléaire. «Les grenades explosaient tout près de la coque, se souvient Vadim Orlov, le responsable des transmissions. Nous manquions d'oxygène et la tension était extrême.» Selon les règles imposées par l'état-major naval soviétique, le sous-marin avait l'autorisation de recourir à cette arme, s'il était attaqué (...) Un certain Arkhipov s'y refusa, et le B-59 fit surface »

 Selon Robert McNamara, le ministre américain de la Défense au moment de la crise: «une frappe nucléaire contre notre navire aurait à coup sûr déclenché une riposte nucléaire américaine». Si les historiens savaient qu'on avait été à deux doigts d'une guerre atomique entre les Etats-Unis et l'URSS, « ils viennent seulement d'apprendre qui l'avait évitée: un illustre inconnu », conclut Marianne.

Pour le site :

http://www.musthaveknowledge.net/PRORIMPromo/Promo%20Bites%20-%20French/Promo_Strategy.htm, Arkhipov fut « l’homme qui sauva le monde ». «Nous avons tous besoin de héros et voici l’histoire de quelqu’un qui, placé dans une situation intolérable, a réussi à gérer avec succès une crise qui aurait pu détruire toute la planète. Curieusement, elle n’a pas retenu l’attention de la grande presse (...) Le livre de bord du sous-marin a été rendu public aujourd’hui  lors d’une conférence à la Havane le 13 octobre 2002, quarante ans après les faits (...) Parmi les leçons que l’on peut tirer : 1/ Il est essentiel de faire preuve de courage moral, au besoin, pour s’élever contre les opinions de collègues.2/Trois cerveaux valent mieux que deux dans de telles situations 3/  Les participants américains à cette conférence reconnurent qu’ils n’avaient pas réfléchi suffisamment » Voilà pour ce qu’on en disait en octobre 2002.

Le 10 septembre 2008, si divers sites francophones ont reproduit souvent in extenso l’article de JC Guillebaud, le site français des anciens de la marine nationale, apporte quelques données propres : « Voici un fait qui rappelle étrangement le film « USS Alabama», à une énorme différence près qu’il a réellement eu lieu »

Le site http://www.anciens-cols-bleus.net/ affirme et précise :  

Le 2 octobre 1962 débute « l’opération Kama ». Quatre sous-marins d’attaque diesel-électrique, de type B59, de la marine soviétique appareillent de la presqu’île de Kola, avec à leur bord des torpilles (on ne saura qu’en 2001 que ces torpilles étaient à têtes nucléaires). Les commandants Shumkov, Ketov, Savistky et Dubivko ont pour mission de rejoindre le convoi des cargos soviétiques qui font route vers Cuba, avec à leur bord des missiles nucléaires destinés à compléter le dispositif déjà en place sur l’île. Leur but est de protéger ce convoi et ce, si besoin est, au prix du torpillage des navires qui tenteraient de s’interposer.

Le 27 octobre, un avion américain de surveillance U2 est abattu. Khrouchtchev n’a pas donné cet ordre, ne souhaitant pas accomplir le premier geste. Le Conseil National de Sécurité américain analysant cette action comme une escalade, Kennedy donne l’ordre, en cas de nouvelle agression, de bombarder les sites de missiles.

Ce même jour, une lettre de Khrouchtchev, lui-même, laisse entendre qu’il est prêt à négocier. Pendant ce temps, en haute mer, un des sous-marins russes est pris à partie, à coup de grenades sous-marines, par deux bâtiments américains, un destroyer et un porte-avions. Le commandant du submersible, Valentin Savitsky, se sentant menacé, donne l’ordre de charger une torpille nucléaire dans le tube numéro 1. (...)


 En faveur d’une statue pour Arkhipov à l’ONU

« Je ne sais si certains d’entre vous connaissaient cet épisode de notre histoire contemporaine. Pour ce qui me concerne je n’en avais jamais entendu parler, dit JP Parolin, un ancien de la Marine française. Ne croyez-vous pas que Vassili Arkhipov aurait mérité (et mériterait encore) que lui fût élevée une statue dans la grande salle des conférences des Nations Unies ? Pour ma part, je suis très sensible à ce magnifique « fait d’armes » dont le rôle principal est tenu par l’un des nôtres. Les sous-mariniers, eux aussi, ont leurs héros et celui-là c’en est un !! »

En résumé : le « gars », le héros Arkhipov est d’autant plus un héros qu’il sauva la planète à lui tout seul, par un geste strictement individuel, lors d’un épisode qu’on appellerait aujourd’hui « collatéral », alors que la crise d’Octobre venait d’être désamorcée et que la « menace » nucléaire avait déjà fait long feu, si tant est qu’elle existât vraiment, y compris dans les intentions réelles de Nikita Khrouchtchev.

Alors plutôt « chantage » nucléaire soviétique ? La rapide reculade de Moscou après la rapide riposte de Washington donne le sentiment qu’elle a semblé écrite dès avant même l’installation des bases à Cuba. L’ « arrangement » mis au point entre les deux K – sans la moindre consultation de Fidel Castro, Cuba devenant quantité négligeable- militerait, avec la distance des années, en faveur d’une vision moins apocalyptique que celle des acteurs, témoins, analystes et historiens de l’époque.           

Des quantités de livres ont été publiés aux USA sur la Crise des missiles (5) et dans une moindre mesure en Europe (bien que relativement peu traitée en France). Le sujet continue d’intéresser : le journaliste américain Michael Dobbs, ancien correspondant du Washington Post à Moscou, vient de publier « One Minute to Midnight » chez Alfred A. Knopf (426 p). « Modestement, Dobbs observe que les archives russes et cubaines recèlent sans doute les secrets qu’il n’a pas pu percer. En attendant qu’ils le soient, son livre fera foi », affirme le quotidien Le Monde (mp, 18  septembre 2008).

Notes et Bonus :

(1) - L’actualité a de ces apparentements... Moscou va baser temporairement au Venezuela des avions dotés de dispositifs capables d’atteindre des sous-marins. Caracas avait annoncé que quatre navires de la marine russe participeraient à des manœuvres conjointes du 10 au 14 novembre dans ses eaux territoriales (il est vrai que début septembre, un navire usaméricain de renseignements , le Pathfinder », se trouvait au large de Sébastopol, Crimée...). Ceci n’a rien à voir avec cela : les USA ont décidé de repousser la signature d’un accord sur le nucléaire (civil) avec la Russie, en raison du conflit russo-géorgien. Puisque vous semblez insister voici encore une bonne histoire : il y a juste 50 ans, la plus grande rencontre internationale sur l’utilisation pacifique de l’atome jamais organisé alors, eut lieu à Genève, réunissant 6000 chercheurs et ingénieurs de 69 pays, USA et URSS en tête.

Voici le link de la bonne histoire des Pages Futurs du quotidien Libération . On y apprend beaucoup de choses étonnantes. Comme cette voiture Ford-Nucleon, élégante et silencieuse, sans gaz, avec ...un petit réacteur nucléaire embarqué à l’arrière...   http://www.liberation.fr/transversales/futur/retrovision/350815.FR.php

(2) - A l’occasion de la publication d’un article du journaliste et écrivain français Jean-Claude Guillebaud, le 17 août dans Sud-Ouest Dimanche. Pour expliquer et justifier son article sur Vassili Arkhipov, JC. Guillebaud écrit au début de son papier : « Le cœur du mois d'août est un moment propice à la halte, au recul. Profitons-en. Tandis que des bruits de guerre se font entendre (en Géorgie, cette fois), j'aimerais raconter une extraordinaire histoire de paix. Elle évoque un moment où, justement, une guerre redoutée n'a pas eu lieu. Et cela, grâce à l'engagement d'un homme seul ».

Le journaliste français fait remarquer qu’assez injustement, cette histoire n'a pas - ou très peu - été reprise par la grande presse. Elle a fait l'objet, dit-il, de quelques articles dans les quotidiens américains (notamment le quotidien  Boston Globe) mais rien en France. Sa conclusion n’a qu’une ligne : « Le monde n’aime pas les bonnes nouvelles »

(3) - avec la recherche Paul-Tibbets, Pages France, « J’ai de la chance », on tombe (!!!!) sur :

http://www.astrotheme.fr/portraits/fF5eZdYmCwAQ.htm

Le 6 août 1945, à 8h15 locales, Tibbets  pilotait (il avait 29 ans) le bombardier B-29 n°82, l’ « Enola Gay »  qui largua la première bombe atomique (la Little Boy) à 9700 mètres au dessus d’Hiroshima. Le copilote s’appelait Robert Lewis, capitaine (qui rédigea un journal de bord). Celui qui a déclenché le largage s’appelait Thomas Ferebee, bombardier.

Cette seule bombe nucléaire, 100 % américaine, suffit à anéantir la ville d'Hiroshima et à tuer immédiatement 75 000 personnes. Elle fait entrer le monde occidental dans l'ère des destructions militaires massives. Elle provoque la reddition japonaise et affirme symboliquement la suprématie du système militaire américain sur celui de l'URSS.

(4) - Il aurait été dit ou écrit au moment de la mort de Vassili Arkhipov, dans les milieux dit « bien informés », en réalité des mauvaises langues antistaliniennes au couteau entre les dents, « qu'il n'était pas mort naturellement, mais qu'il avait été « aidé ». Les mêmes ajoutaient : « Le Kremlin n'a jamais pardonné au personnel qui n'obéissait pas ». Les calomnies ont la vie dure.

(5) - Pour ceux que cette période intéresse, existe en DVD le film « 13 Jours »  (2000) de Roger Donaldson, avec Kevin Costner. Le film relate cette longue période de crise. On se rend compte qu’au Pentagone, certains officiers de l'État-Major de JFK n'attendaient que l'occasion d'ouvrir le feu, quitte à mettre La Maison Blanche devant le fait accompli. Bien plus tard, JFK déclara que le meilleur conseiller qu'il eu eut à ce moment-là était le Général De Gaulle. Celui-ci mit John Kennedy en garde contre son propre État-Major et lui assura que Khrouchtchev était prêt à négocier, conscient qu'il était des conséquences d'une riposte massive au blocus de Cuba.

« 13 jours » se passe en grande partie dans le Bureau Ovale de la Maison Blanche de Kennedy. Assez austère, très documenté, ce film évite avec brio une vision hollywoodienne de l’histoire. La crise qui durera treize jours est vue par un conseiller (Costner) de JFK, Kenneth O’Donnel. On y voit un président américain déterminé, mais d’un sang froid impressionnant (le parallèle entre la gestion de la crise par Kennedy et l’hystérie irakienne de Bush a été un thème récurrent des travaux de la conférence de La Havane, selon Chomsky) le même qu’il eut lors de la tentative de débarquement (avril 1961) à Playa Girón, Cuba (la Baie des Cochons) quand il refusa une intervention aérienne que demandaient les mercenaires conspirateurs. 

USS Alabama, film de Tony Scott de 1995 (avec Denzel Washington, Gene Hackmann, et James Gandolfini) relate une rivalité entre un commandant et son second à bord d’un sous-marin nucléaire ultra-perfectionné atomiques alors que des opposants russes viennent de s’emparer de la base nucléaire de Vladivostok et menacent les USA. Un ordre de tir atomique parvient, mais le second, Noir (Washington) ...

La Crise d’Octobre vue par les Cubains...est une autre histoire. Comme serait une autre histoire l’assassinat de Kennedy vu par eux, dès le jour tragique de Dallas.

Bonus sous forme de havanes : En mai 1962, Nikita Khrouchtchev reçoit dans sa datcha Pierre Salinger, porte-parole de la Maison-Blanche, c'est-à-dire JFK. Salinger passera 48 heures chez N.K. Le premier soir, K présente à Salinger un coffre à cigares, lui disant : « Je sais que vous aimez beaucoup les havanes. Cette boîte est un cadeau de Fidel Castro, mais comme je ne fume pas le cigare, cela me fait plaisir de vous l’offrir ». Ce collector on peut le voir aujourd’hui en Provence française au Musée Pierre-Salinger, que sa veuve Nicole a crée en 2006, deux ans après le décès de son mari. En effet Salinger avait juré que si Bush était élu, il quitterait l’Amérique pour la France.  

De retour à Washington, Salinger rend compte à JFK de ses entretiens avec Khrouchtchev et lui décrit son superbe cadeau.  JFK sursaute : il a signé l’ordre d’embargo sur Cuba l’année avant...Si la presse l’apprend...

Mais bien avant de décider l’embargo, JFK avait demandé à Salinger de lui procurer un millier de petits H.Upmann, son cigare favori. Ce qui fut fait.


JFK, Salinger et son havane

Source : l'auteur

Article original publié le 9 Octobre 2008

Sur l’auteur

Michel Porcheron est auteur associé de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cet article est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur et la source.


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